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On ne prévient pas les grenouilles quand on assèche le marais

Mesure urgente

La liberté de la presse est au fondement de toute démocratie. Pourtant, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, jamais la liberté et le pluralisme de la presse  ne semblent avoir à ce point été menacés en France. Au cours de ces dernières années, la concentration de la presse entre les mains de quelques milliardaires a atteint en France des proportions inimaginables. Ils contrôlent à eux seuls la quasi-totalité des grands médias nationaux, de la presse écrite ou de l'audiovisuel. Ces milliardaires ont presque tous comme point commun de ne pas avoir la presse ou l'information pour métier. Pourquoi ont-ils cherché à constituer ces nouveaux empires de presse ? Comment pèsent-ils sur le travail des journalistes ? Comment résister efficacement à cette mainmise sur l'information ?

Le droit à l'information ne devrait reposer que sur un seul fondement : l'information est un bien public qui doit être accessible à tous, en n'exceptant aucun domaine de la vie économique, sociale et politique. 

Le droit d'être informé suppose celui des journalistes de pouvoir informer.

Contrôlé par des grandes fortunes, le journalisme cadre les débats publics et escamote une partie de la réalité. Chaque soir, vingt millions de Français regardent un journal télévisé. Mais qui croit encore aux nouvelles du « 20 heures » ?

Un tel discrédit nourrit un immense désir : celui d’une information de qualité conçue comme un bien collectif. Les projets en ce sens abondent. Et attendent la mobilisation qui les portera au premier rang des priorités politiques
.

Que voit-on quand on ne voit pas ?

Là où les journalistes sont les plus dépendants et les plus fragilisés, c'est dans les médias de plus en plus concentrés et financiarisés. La liberté d'informer est essentiellement compromise par les contraintes économiques et sociales qui pèsent sur eux. Si ces dernières sont imposées par la marchandisation de l'information, et donc l'emprise de la publicité, elles le sont également par la politique (en tant que source de l'information.

Pour « Challenges » en date du 7 août 2015, la fortune professionnelle des cinq propriétaires de quotidiens nationaux les plus lus s'élève à 76,69 milliards, c'est-à-dire plus que le produit de l'impôt sur le revenu, payé en 2015, par la totalité des contribuables français.

Comme les responsables de presse sont formés dans les mêmes écoles, ils pensent de la même manière. Dans le seul intérêt de leurs actionnaires ( Bouygues, Dassault, Boloré, Drahi, Pigasse, Crédit Mutuel, etc), qui subissent eux-mêmes en parano la baisse tendancielle de leur taux de profit, les « journalistes en chef" déterminent la hiérarchie de l'information, par une gestion débile des moyens. En la circularisant ad nauseam à l'identique, ils désinforment ! Sociologiquement, ces faiseurs d'opinions se reconnaissent à la façon qu'ont les ânes de se frotter entre eux (asinus asinum fricat), « buvant » à l'abreuvoir des experts du CAC 40. Leurs discours et récits sont les produits d'une Histoire.

Méprisant le peuple, ces flics de la pensée (ces journalistes ne sont pas tous les journalistes) lui supposent une paresse intellectuelle ne leur permettant pas de comprendre une pensée complexe, comme celle de la dette par exemple. Ce qui a fait dire à Yvan Levaï, chroniqueur devant l'Éternel : « on ne fait pas boire l'âne qui n'a pas soif ».

Un peuple maintenu dans l'ignorance n'est pas en mesure de juger et d'agir. Par exemple, comment penser la dette publique lorsqu'on nous explique qu'elle est une affaire de spécialistes (comme l'était le Traité européen en 2005) ou qu'aucun diagnostic (audit) officiel n'a été réalisé.

Ces médias dominants participent donc à cette vision univoque de l'état de crise du monde, pour laquelle il convient de rembourser une dette (dont le peuple en serait la victime et non le responsable), en acceptant les licenciements et les délocalisations, en aggravant les inégalités sociales, désengagement social de l'Etat... alors même que les cures d'austérité punitive nous plongeront dans des difficultés de vie plus graves encore et qu'elles ne sont pas inéluctables. Ces journalistes produisent tous le même discours formaté à la gloire de l'austérité, mais ne crachent pas dans la soupe pour l'abattement sur l’impôt sur le revenu, évaluée à 60 millions d’euros, dont bénéficie le métier. Pour eux, comme pour nos gouvernements successifs, il n'y aurait pas d'alternative ! Comment distinguer l'info de l'intox, avec un seul son de cloches ? Dans ce bal de perroquets, la presse quotidienne régionale (PQR) ne fait que singer le "national". 

Ce qui soulève le problème du pluralisme, plus particulièrement à la télévision et dans les radios nationales. Son absence n'est pas le résultat d'un pacte secret ou d'un complot. Elle est l'effet d'une CONNIVENCE DE CLASSE, car il est très difficile pour un particulier de trouver un média faisant lire, voir ou entendre ce qui est caché.

L'information et de la culture étant des biens communs : Création d'un service public, dont les besoins ne seront satisfaits que par le secteur public et le secteur associatif (à condition qu'il ne soit pas financiarisé par le « privé ») et dont le contrôle sera assuré par un Conseil National Indépendant des Médias.

Rappel proposition 3 bis, pour un bol d'air frais tout de suite : 


  • Soutien budgétaire des projets autogérés comme les coopératives ouvrières de production et d'intérêt collectif (y compris les médias).
Pour que vive la presse libre :

  • Garantir aux journaux et aux journalistes les moyens de lutter efficacement contre le poids des actionnaires et de certains annonceurs, par une loi sur l'indépendance juridique des rédactions de presse.
  • Réforme radicale de l'audiovisuel.
  • Création d'un nouveau statut de la société de presse (ex. à but non lucratif)
  • Maintien du secret des sources, y compris dans le secret défense.

une presse assistée ?


En France, plus le propriétaire d'un journal est riche, plus il obtient d'argent public. Ce qui lui évite d'investir lui-même, en épargnant sa fortune personnelle.

Bernard Arnault, dont la fortune professionnelle s'élève 34 à,66 milliards, son groupe de presse (les « Echos », le « Parisien », « Aujourd'hui en France ») a percu en 2013 plus de 20 millions de subventions. Serge Dassault, avec une fortune de 17,5 milliards, a recu 16,150 millions pour son journal (« Le Figaro »). Xavier Niel, actionnaire principal , a encaissé pour le « Monde » 7,83 milliards, alors que sa fortune s'affiche à. 16,150 millions. Quant à Patrick Drahi, avec une fortune de 16,7 milliards, il a bénéficié de 9,932 millions pour « Libération ». Etc...

Les adeptes du « libre marché » et de la « non-intervention de l'Etat » comprendront donc notre souci de « remettre à plat » ce scandale d’État que sont les aides à la presse. Le coût pour la collectivité s’élève en effet, si l’on additionne les aides directes (137 millions) et les aides indirectes (971 millions), à plus d’1,1 milliard par an.

Les patrons voudraient en faire de simples communiquants... de leur "bonne parole" ou de celle des leurs "amis".

Information numérique

Monde Diplomatique

Presse Quotidienne Régionale (PQR)

1 - Goupe La Dépêche, famille BAYLET, comprend : Midi LibreL'IndépendantCentre Presse AveyronLa Dépêche du midi, la Nouvelle République des Pyrénnées, Le Petit Bleu.

La Dépêche du Midi est le seul quotidien en France à avoir trouvé remarquable le remaniement ministériel du 11 février 2016. 

Le rédacteur en chef, Jean-Claude Souléry, y vante le "sang-froid" d'un François Hollande qui "ne se dérobe pas" devant le chômage et "réussit la meilleure synthèse à gauche possible". 

Jean-Michel Baylet , PDG du groupe La Dépêche et président du PRG, est entré au gouvernement comme ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales. C'est Marie-France Marchand-Baylet, son ex-épouse et actuelle compagne de Laurent Fabius,  qui lui a succdé à la présidente du  4e groupe de presse régionale.

Connivence entre la carrière politique, le fric et la presse ? Non, un simple concours de circonstances.

2 -   Le groupe EBRA (Est Bourgogne Rhône Alpes)est detenu par le Crédit Mutuel, est le premier éditeur français de presse quotidienne régionale : Le Républicain lorrain, L’Est républicainVosges matinLes Dernières Nouvelles d’AlsaceL’Alsace, Le PaysLe Progrèsle Dauphiné libéréLe Journal de la Haute-MarneLe Journal de Saône-et-LoireVaucluse matinLe Bien public.

Le patron du Crédit mutuel-CIC, dispose là d’un outil d’influence, d’autant plus utile dans une période où les banquiers n’ont pas bonne presse auprès du peuple. Argant que “ les lecteurs n’achètent pas les quotidiens régionaux pour les infos générales ” (autre version du « on ne donne pas à boire à un âne qui n'a pas soif » de Yvan LevaÏ), la rédaction centrale (une quinzaine de journalistes) est installée à Paris et pratique la mutualisation pour l'ensemble du groupe en livrant les mêmes premières pages !

Cette politique d’uniformisation du Crédit Mutuel-CIC par la pensée unique est en contradiction avec les engagements que la banque avait pris devant l' Autorité de la Concurrence. Elle est contraire à la garantie du pluralisme dans les médias inscrite dans l’article 34 de la Constitution par la révision du 23 juillet 2008. 

3 - Le groupe Rossel La Voix, contrôlé par la famille HURBAIN et financé à hauteur de 25% par le Crédit agricole, comprend : La Voix du Nord, Nordéclair, L'Estéclair, NordLittoral, l'Union- L'Ardennaise, Aisne et 49% de 20 Minutes.

La Voix du Nord est devenue la référence du courage journalistique   en France, pour avoir appelé à la une à voter contre Marine Le Pen (dont je combats la riche famille depuis toujours). Chapeau bas dans la confrérie  : quel courage  ! 

Qu’importe si l’on redécouvre à l’occasion les petits arrangements entre La Voix du Nord et le conseil régional socialiste sortant, comme cette irritante subvention annuelle d’un million et demi accordée au groupe. Ah non pardon, pas au journal, à une télé locale détenue par le groupe qui détient le journal. Ah non, re-pardon, détenue « seulement » à 34%, ce qui n’a évidemment rien à voir. Qu’importe si l’on redécouvre aussi la pratique de l’interview de complaisance du président PS de la Région, Daniel Percheron". (Publié par Arrêt sur Image). Là,  le financement est politique !

Les Médias Du Parti Pris

Chaque soir, vingt millions de Français regardent un journal télévisé. Mais qui croit encore aux nouvelles du « 20 heures » ?

Beaucoup plus grave : 

  • Sophie, 2 ans, regarde la télé 1 heure par jour. Cela double ses chances de présenter des troubles attentionnels en grandissant. 
  • Lubin, 3 ans, regarde la télé 2 h par jour. Cela triple ses chances d'être en surpoids. 
  • Kevin, 4 ans, regarde des dessins animés violents comme DragonBall Z. Il présentera des troubles du comportement à l'école primaire. 
Effrayant, non ? Enfin la vérité sur la télé !!!

TV lobotomie. La vérité scientifique sur les effets de la télévision TV lobotomie

Journaliste d'enquête ?

" L'enquête c'est d'abord un état d'esprit. Aller chercher ce que l'on nous cache, éclairer les faces cachées, au mépris des pressions, des instrumentalisations. C'est d'autant plus nécessaire dans l'univers médiatique d'aujourd'hui, quand les pare-feu se multiplient, les officines brouillent les pistes, les agences de communication triomphent... Pour un journaliste, enquêter est un devoir, au coeur d'un monde complexe, où les apparences ne sauraient suffire à informer le citoyen..."

Ce sont les premières du site internet du tandem de journalistes du "Monde" Gérard Davet et Fabrice Lhomme, ces " Dupond et Dupont" qui ont écrit "Un président ne devrait pas dire Ca..."

Tels des ivrognes cherchant leurs clefs sous un lampadaire parce que c'est le seul endroit qui est éclairé, ils méritent bien de leur surnom de "Melond et Melont" du journalisme d'enquête.

Charte d'éthique professionnelle des journalistes.

« Le droit du public à une information de qualité, complète, libre, indépendante et pluraliste, rappelé dans la Déclaration des droits de l’Homme et la Constitution française, guide le journaliste dans l’exercice de sa mission. Cette responsabilité vis-à-vis du citoyen prime sur toute autre ».

Les 10

" Ils s'appellent Vincent Bolloré, FRançois Pinault, Patrick Drahi, Pierre Bergé, Matthieu Pigasse, Xavier Niel, Serge Dassault, Bernard Arnault, Martin Bouygues et Arnauld Lagardère.
A eux dix, ils contrôlent l'essentiel de la production journalistique française du secteur privé. La liste de leurs acquisitions donne le tournis : Canal +, i-Télé, D8, Direct Matin, Dailymotion, Libération, L'Express, BFM TV, BFM Business, RMC, Le Monde, Télérama, Courrier International, Le Point, l'Obs, Les Inrockuptibles, le Huffington Post, Le Figaro, Les Echos, Le Parisien, TF1, LCI, Europe 1, Paris Match, le JDD, Elle... Sans compter une multitude de participations dans les sites ou les journaux naissants (on n'est jamais trop prudent). "

XXI - 07/08/09-2016

Ils couchent ensemble

La presse, les politiques, les communicants... Ils couchent ensemble psychiquement et le public le voit très bien. Les sondeurs sont devenus les grands manitous qui savent tout sur tout. Vous vous rendez compte que dans les principales émissions, on retrouve les mêmes jorunalistes, les mêmes politiques et les mêmes pseudo-experts ! Ils prennent la place de combien de personnes aussi intelligentes qu'eux ? Le public ne fait plus la différence et tout le monde délégitimé. On a besoin des trois mais chacun a sa place !

Dominique WOLTON, in Settimana du 21 octobre 2016

Que penser ? 
A l'heure d'internet.

On a cru jusqu’ici que la mythologie chrétienne sous l’Empire romain ne fut possible que parce qu’on n’avait pas encore inventé l’imprimerie. C’est tout le contraire. La presse quotidienne et le télégraphe, qui diffusent leurs inventions en un clin d’œil sur toute l’étendue du globe, fabriquent plus de mythes en un jour qu’on pouvait autrefois en fabriquer en un siècle.

Lettre de Marx à Kugelmann, 27 juillet 1871

Les Ânes Ont Soif

Le 6 novembre 2013, le président équatorien était à la Sorbonne pour décrire le modèle économique en train de s’inventer dans son pays, en insolente rupture avec le dogme de l’austérité et de l’inféodation à la finance habituel. Pierre Carles et son équipe poursuivent leur critique radicale des médias et posent des questions. Le socialisme « du XXI° siècle » ou du « buen vivir », la politique progressiste étatiste et hyper-volontariste conduite par le gouvernement de Rafael Correa depuis la mise en place d’une nouvelle constitution il y a six ans, représente t-elle un espoir pour la gauche française ?

Voir et entendre

traitement médiatique 
du référendum de 2005

Retour sur ce traitement de parti pris :                                  Acrimed

Journalistes Bien Encadrés

Voté en avril 2015, le nouveau statut de l'Agence France-Presse entre en application. La présidente du nouveau conseil supérieur de l'Agence, garant, notamment de son indépendance, vient donc d'être désignée par le Conseil d'Etat.

Il s'agit de Christine Maugüé, une énarque conseillère d'Etat qui fut directrice de cabinet de Christiane Taubira et qui, dans le civil, est l'épouse de Bernard Rullier, conseiller à l'Elysée et ancien secrétaire général du groupe PS au Sénat.

Quant à la commission financière de l'AFP, sa présidence revient à Laurence Engel, encore une énarque socialiste, passée par las cabinets de Catherine Tasca et Aurélie Philippetti, sans oublier la direction des affaires culturelles de la Ville de Paris, sous Bertrand Delanoé.

Nul doute qu'avec deux hauts fonctionnaires aussi apolitiques l'indépendance de l'Agence France-Presse vis-à-vis de l'Elysée sera parfaitement garantie.

"Le Canard Enchaîné" du 8 juillet 2015

de la connerie

1992 : Sur Maastricht. Le Monde, soi-disant quotidien de référence, a atteint le point Godwin : « Un non au référendum serait pour la France et l’Europe la plus grande catastrophe depuis les désastres engendrés par l’arrivée de Hitler au pouvoir »[1].

2005 : sur le Traité de Constitution européenne. La quasi-totalité des médias firent activement campagne pour le OUI. Ils marquèrent à jamais la République du sceau de l’anathème des apologues intégristes. On a ainsi pu voir un Michel Rocard clamer haut et fort qu’il « ne respecte pas les défenseurs du « non » au traité constitutionnel qui se prétendent pro-européens »[2]. Et Jean-Marie Cavada d’atteindre le sommet de la bêtise « godwinesque » politico-journalistique en tonitruant que « ceux qui font la fine bouche devant la Constitution européenne (devraient) avoir en mémoire les photos d’Auschwitz »[3].

[1] Le directeur du Monde en 1992 à propos du référendum sur Maastricht, cité par Serge Halimi, Labyrinthe social-démocrate, Manière de voir, août 2012.

[2] Michel Rocard, Le Monde, 22 septembre 2004, cité par Anne-Cécile Robert, ibid.

[3] cité par Serge Halimi, ibid.

Le point Godwin : « Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1. »

Se passer des médias ?

Apprenons à nous passer des médias. A ne pas faire pour eux, mais pour nous, en fonction de notre propre projet, de notre propre stratégie. Si ça leur plaît, tant mieux, sinon, peu importe.

Patrick Mignard 2008

Langue De Bois Journalistique